TERRAMORPHOSES / La genèse 2008

Le Quai - Angers

Installation / Visites, projection / Conférence/ Ateliers...

Création participative autour de figurines d'argile et  des œuvres bogolan de Kandioura Coulibaly

 

Terramorphoses I – 2008 « La Genèse »

Une installation imaginée par Claire Richez, avec la participation de l'artiste malien feu Kandioura Coulibaly.

 

Des milliers de figurine d’argile crues ont investi le forum et les abords du Théâtre Le Quai, elles furent exposées avec les œuvres bogolan de l'artiste malien feu Kandioura Coulibaly.

Coproduit avec le théâtre Le Quai, ce projet a mobilisé en Anjou, quelque deux mille personnes, plus d'une cinquantaine de structures culturelles, socio-culturelles, sanitaires et éducatives, Un projet pédagogique ayant été écrit avec les conseillers pédagogiques et diffusé par le rectorat a permis de pouvoir faire participer un nombre important d' élèves aux sein des écoles du département.

 

Ces figurines ont été disposées comme émergeant du fleuve tout proche (l’eau, les origines de la vie), investissant la cale, la pelouse, traversant la rue et le parvis, s'installant dans et hors les murs du Théâtre Le Quai.

Soumises aux mêmes aléas que les personnes vivants à la rue, elles étaient vouées à se déliter, sous les pas des passants, le passage des voitures, ainsi que des conditions météorologiques. Dans le forum, les figurines se sont mêlées aux œuvres bogolan de feu l'artiste Kandioura Coulibaly, Kandioura Coulibaly, artiste spécialiste du Bogolan, une technique d’art textile ancestrale, venu spécialement du Mali pour l'occasion. Les enfants furent invités à l’issue de l’exposition à venir choisir une des figurine afin de l'emporter et de la protéger au-delà du temps d’exposition.

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"Lors de la première exposition des œuvres de Kandioura Coulibaly que j'avais organisé en 2000 au Fresnes sur Loire, j’avais été impressionné par la grande qualité de son travail , son humanisme et surtout son grand désir de transmettre la technique du bogolan à tous : les enfants, les jeunes, les habitants des quartiers périphériques , j’ai donc profité de l’opportunité offerte par le Théâtre Le Quai, de concevoir une création qui permettrait d’’inviter à nouveau Kandioura, afin cette fois, de mêler nos deux univers artistiques en donnant au public une place centrale, ceci, via une création participative développée par moi à Angers. Nous avons programmé un évènement qui  permettrait de mettre en lumière son travail au sein du groupe Bogolan Kasobané, celle liée à ses activité dans le monde du cinéma, avec  la projection du film Guimba, une conférence, des ateliers, des médiations et des rencontres...

Quelques jours seulement avant le vernissage, lorsque Kandioura arriva dans le Forum du Quai, au milieu des centaines de cartons et de cagettes éparpillés emplies de petites figurine d’argiles de formes animales ou humaines, son émotion était palpable, il m’apprit alors qu’enfant, le modelage avait été à l’origine de sa vocation d’artiste. N’ayant pas de jouet, il en fabriquait avec l’argile puisée dans le marigot tout proche de son village. Et pour moi à cet instant, c’est comme s’il les voyait là sous ses yeux, les figurines de son enfance, les siennes et celles qu’il créa ensuite pour ses camarades. C’est aussi cette même terre du marigot, qui quelques années plus tard lui permettrait de devenir selon moi, l’un des plus grands artistes de sa génération et aussi l’un des plus engagés grâce au Bogolan.

Nous étions au centre du forum, il arrivait de Bamako et moi je venais de récupérer une grande partie des deux tonnes d’argile qui avaient été modelées sur une période de neuf mois par quelques deux mille personnes de tous âges, dans les ateliers en milieu scolaires, les lieux socioculturels ou de soins mis en place grâce au concours du Quai et  du Rectorat du Maine et Loire.

Pour imaginer la disposition des créations nous avons peu parlé, les mots n’étant pas nécessaires car nous étions sur la même longueur d’onde, les figurines représentant des tortues furent disposées au centre, et, partant d’elles, toute l’installation fut imaginée en partant de ce centre pour se déployer vers l’extérieur. Pour Kandioura sur la tortue repose l’équilibre du monde. De ce centre s’est déroulé le fil invisible à partir duquel partait toute l’installation. Même si le sens de lecture de l'ensemble était supposé  venir des bords de la Maine pour signifier les origines de la vie.

 

Kandioura avait apporté dix bogolan de sa série en toile et cordes qu'il avait exposé au Musée de Balle. Cette série fut disposée en cercle au-dessus de la circonférence des figurines centrales. Ces dix bogolan ont été choisis par lui car ils contenaient des messages de vœux écrits et pliés sous de petits bourrelets de tissus cousus sur la toile.

 

De très beaux bogolan contemporains, ou traditionnels ainsi que de  magnifiques textiles gaufrés, fruits des recherches effectuées par Kandioura et le groupe Bogolan Kasobané furent aussi présentés dans cette installation. Notre installation commune et participative représentait un vœu pour la planète Terre et ses habitants.

Kandioura a contribué à ce que cette exposition au Quai puisse être une fête. Comme à son habitude, il n'a pas compté l’attention qu’il prodiguait à chacun, sa générosité de cœur, sa grande culture, son humilité, son respect, et sa bonne humeur restent comme de petites perles inspirantes".

Claire Richez 2019

enregistrement transcrit en 2008

par Mohmoudou Houssouba, écrivain.

14 AP Tortue.jpg

Animal planète Tortue

Première peinture de la série

Animaux Planètes

* Le bogolan: technique textile Africaine.

Le Bogolan est à l’origine un artisanat traditionnel africain textile, procédant par l'action d'oxydation d’argile contenant de l'oxyde de fer sur un tissus ayant été au préalable plongé dans une décoction de plantes riche en tanin et séché au soleil. Depuis la fin des années 70, Kandioura Coulibaly et les autres membres du groupe Bogolan Kasobané ont permis à cette technique une visibilité sur la scène artistique internationale via le cinéma, la mode et les galeries et musées.

 *Terre Locale du Fuilet

Nous tenons à utiliser dans nos ateliers une terre locale, elle vient  du Fuilet dans le Maine et Loire.

L'écriture de ce projet Terramorphoses: "Genèse" a été réalisée lors d'un séjour de deux mois dans le magnifique village de Noyers sur Serein . Son petit musée et plus précisément sa collection d'ex-voto de cire ainsi que la collection du Musée des Arts Populaires de Laduz, ont assurément nettement enrichi l'orientation du projet.

Un projet pédagogique diffusé par le rectorat à permis de pouvoir faire participer un nombre important d' élèves aux sein des écoles du département.

Un grand merci à Eric Bardiau, Christophe Grau, les familles Chapelet, Foucal et Moreau pour leurs magnifiques photos!

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